Un chalet sous les Tropiques
La Malaisie. Voici l'un des pays de notre périple dont nous ne connaissions rien, dont nous "n'attendions" rien. Pas d'a priori, pas d'attentes, pas d'images en tête... Pour la première fois, nous n'avions même pas "préparé" notre visite du pays : sur la route de l'Indonésie depuis la Thaïlande, la Malaisie s'imposait à nous. Nous arrivons donc en territoire inconnu...
A peine quittée la belle Koh Phi Phi, nous sautons dans un minibus pour rejoindre la frontière Est. Alors que la nuit tombe, nous traversons rapidement cette partie de la Thaïlande en proie aux tensions religieuses et politiques. Nous nous sentons d'ailleurs glisser lentement d'une Thaïlande bouddhiste à une Thaïlande (puis une Malaisie !) musulmane : les mosquées remplacent les temples, l'habitat se modifie légèrement, les femmes arborent le voile...
Nous sommes seuls sur cette (auto)route. Pas d'autres véhicules en vue, que ce soit sur les voies "inverses", devant ou derrière nous... Nous sommes étrangement seuls... A deux ou trois reprises, notre chauffeur s'immobilise sur la route, venant rompre cette monotonie routière bien surprenante : contrôle de notre véhicule par l'armée. Dans l'obscurité, la lumière des lampes torches nous aveuglant, nous distinguons à peine les soldats lourdement armés... La tension est palpable. A chaque fois, nous reprenons pourtant notre route assez rapidement.
Il est presque 22h lorsque nous arrivons enfin à la frontière qui s'apprête à fermer ses portes. Il fait nuit, nous sommes les seuls à vouloir changer de pays. Encore les seuls. Après avoir fait tamponner notre passeport pour sortir de Thaïlande, nous marchons, toujours seuls, sur le pont de 200 mètres qui sépare les postes frontaliers Thaïlandais et Malais... Au bout, un panneau nous souhaite la bienvenue en Malaisie. Les douaniers Malais bouclent les formalités en quelques secondes. Ca y est ! Nous y sommes !
Voici assurément l'un des franchissements de frontières les plus étonnants et les plus rapides de notre voyage !
Nous montons rapidement dans le dernier taxi pour Kota Bharu, à quelques kms de la frontière. Cette "petite" ville ne présente pas d'intérêt majeur à première vue... Pourtant, et peut-être parce qu'elle est notre premier contact avec la Malaisie, nous lui trouvons un charme particulier. Ici, la religion islamiste s'affiche dans toute sa retenue mais également dans toutes ses couleurs, les femmes portant le voile sur leur tunique pailletée aux couleurs pastels et aux mille reflets. Si les Malais semblent "discrets" ou même "distants" au premier abord, après quelques regards, quelques sourires, quelques mots d'anglais, nous découvrons un peuple particulièrement attachant, amical, souriant, rieur. Et quelle foule bigarrée ! Chinois, Indiens, Thaïs, Malais composent cette population hétéroclyte à la culture "métissée", à l'image de ces hangars où nous nous restaurons le soir : de grands halls où oeuvrent des dizaines de petites gargottes chinoises, thaïs, indiennes... Petits plats délicieusement typiques à très petits prix : on adore !
Nous visitons le marché de Kota Bharu, particulièrement coloré lui aussi. Fruits, légumes, poissons, volailles comblent les étals du rez-de-chaussée de ce marché couvert, sur 3 niveaux. Aux étages, les produits frais cèdent la place aux épices et à l'artisanat : les fameux couteaux Kriss à la lame ondulée si diabolique, les batiks et autres pièces de tissus aux couleurs chatoyantes, les babioles...
Après cette petite halte sympathique de deux jours à Kota Bharu, l'appel de la plage se fait très pressant : direction... les îles Perhentian !!
Véritable petit bout de Paradis sur Terre ! Disons-le dès maintenant : autant les îles Koh Phi Phi nous avaient beaucoup plu, autant nous sommes tombés amoureux des îles Perhentian ! Nous "échouons" sur Mira Chalet, la plus petite plage de Kecil, la plus petite des deux îles qui composent les Perhentian, loin des touristes peu curieux préférant la plage principale, loin de la musique techno rythmant de quelconques Full Moon Parties... Ici, le calme règne, dans un cadre magnifique et préservé : eaux transparentes, plage déserte, sable blanc, jungle bruissante et bruyante de la faune qui l'occupe : lézards, varans, oiseaux, écureuils, chauves-souris..., douceur d'un rythme de vie au ralenti où l'instant présent semble s'éterniser pour mieux s'apprécier, pour mieux se déguster. Notre cabanon (1er à droite sur la photo), construit sur des rochers, fait face à la plage en la surplombant très légèrement, notre petite terrasse nous permettant, le soir, de jouir des superbes couchers de soleil absolument époustouflants de beauté. Le tout au contact d'une famille Malaise adorable et très attachante dont nous "partageons" les bonheurs simples du quotidien : Zaïnap, la maman, femme au caractère un peu (trop ?) "soupe au lait", gère l'accueil des Robinson de passage et prépare les repas (un peu - trop ! - lentement d'ailleurs...), le père, chantant, sifflant, reste scotché à son bar, probablement toujours (trop ?) sous les effets d'herbes quelconques, et les enfants jouent dans l'eau ou pêchent de petits poissons (trop petits pour le barbecue !)...
Nous nageons dans les eaux chaudes de cette petite plage autant que dans le bonheur le plus complet, pour un programme des plus simples : nous nous levons en milieu de matinée, prenons un petit déjeuner sous les arbres, nous baignons, séchons au soleil avec un bon livre, prenons le frais sur la terrasse lorsque le soleil se fait trop brûlant, retournons à l'eau... Quel programme ! Tellement simple, tellement peu "original"... mais tellement bon ! Parfois, un peu d'activité vient gentiment rompre la lenteur agréable et lassive de ces journées : balade dans la jungle pour rejoindre une autre plage ou le village de pêcheurs de l'île, et petits moments snorkeling. Ces eaux, les plus poissonneuses que nous ayons vues !, sont absolument incroyables et toute excursion snorkeling est un moment unique : après avoir plongé du bateau, alors que les bulles d'oxygène s'estompent rapidement, nous nous retrouvons au milieu d'un véritable aquarium, les poissons nous frôlant, tournant autour de nous, mais pas par centaines comme à Koh Phi Phi, non, par milliers !! Nous restons de longs instants dans l'eau, les yeux écarquillés, émerveillés devant le ballet aquatique de cette multitude de poissons se coursant, jouant à cache-cache dans des coraux "venus de nulle part"...
Le soir, nous prenons notre dîner (un peu répétitif à la longue : riz, chou, poisson et bananes) sur la plage en compagnie des Robinson de passage, pour d'excellentes soirées où nous échangeons nos coups de coeur de voyage, évoquons ensemble nos pays d'origine, jouons aux cartes, buvons quelques verres d'alcool (particulièrement coûteux en Malaisie !), avant d'aller nous coucher sous un ciel étoilé, strié d'éclairs de chaleur...
Qu'il nous est difficile de nous décider à quitter cet Eden ! Nous repoussons la date fatidique chaque matin... Finalement, au bout de 8 jours, nous disons au-revoir à Zaïnap et à toute la petite famille, ainsi qu'à nos copains échoués ici, sur cette île, avec nous, depuis plusieurs jours... C'est sûr, nous reviendrons !
A peine quittée la belle Koh Phi Phi, nous sautons dans un minibus pour rejoindre la frontière Est. Alors que la nuit tombe, nous traversons rapidement cette partie de la Thaïlande en proie aux tensions religieuses et politiques. Nous nous sentons d'ailleurs glisser lentement d'une Thaïlande bouddhiste à une Thaïlande (puis une Malaisie !) musulmane : les mosquées remplacent les temples, l'habitat se modifie légèrement, les femmes arborent le voile...
Nous sommes seuls sur cette (auto)route. Pas d'autres véhicules en vue, que ce soit sur les voies "inverses", devant ou derrière nous... Nous sommes étrangement seuls... A deux ou trois reprises, notre chauffeur s'immobilise sur la route, venant rompre cette monotonie routière bien surprenante : contrôle de notre véhicule par l'armée. Dans l'obscurité, la lumière des lampes torches nous aveuglant, nous distinguons à peine les soldats lourdement armés... La tension est palpable. A chaque fois, nous reprenons pourtant notre route assez rapidement.
Il est presque 22h lorsque nous arrivons enfin à la frontière qui s'apprête à fermer ses portes. Il fait nuit, nous sommes les seuls à vouloir changer de pays. Encore les seuls. Après avoir fait tamponner notre passeport pour sortir de Thaïlande, nous marchons, toujours seuls, sur le pont de 200 mètres qui sépare les postes frontaliers Thaïlandais et Malais... Au bout, un panneau nous souhaite la bienvenue en Malaisie. Les douaniers Malais bouclent les formalités en quelques secondes. Ca y est ! Nous y sommes !
Voici assurément l'un des franchissements de frontières les plus étonnants et les plus rapides de notre voyage !
Nous montons rapidement dans le dernier taxi pour Kota Bharu, à quelques kms de la frontière. Cette "petite" ville ne présente pas d'intérêt majeur à première vue... Pourtant, et peut-être parce qu'elle est notre premier contact avec la Malaisie, nous lui trouvons un charme particulier. Ici, la religion islamiste s'affiche dans toute sa retenue mais également dans toutes ses couleurs, les femmes portant le voile sur leur tunique pailletée aux couleurs pastels et aux mille reflets. Si les Malais semblent "discrets" ou même "distants" au premier abord, après quelques regards, quelques sourires, quelques mots d'anglais, nous découvrons un peuple particulièrement attachant, amical, souriant, rieur. Et quelle foule bigarrée ! Chinois, Indiens, Thaïs, Malais composent cette population hétéroclyte à la culture "métissée", à l'image de ces hangars où nous nous restaurons le soir : de grands halls où oeuvrent des dizaines de petites gargottes chinoises, thaïs, indiennes... Petits plats délicieusement typiques à très petits prix : on adore !Nous visitons le marché de Kota Bharu, particulièrement coloré lui aussi. Fruits, légumes, poissons, volailles comblent les étals du rez-de-chaussée de ce marché couvert, sur 3 niveaux. Aux étages, les produits frais cèdent la place aux épices et à l'artisanat : les fameux couteaux Kriss à la lame ondulée si diabolique, les batiks et autres pièces de tissus aux couleurs chatoyantes, les babioles...
Après cette petite halte sympathique de deux jours à Kota Bharu, l'appel de la plage se fait très pressant : direction... les îles Perhentian !!
Véritable petit bout de Paradis sur Terre ! Disons-le dès maintenant : autant les îles Koh Phi Phi nous avaient beaucoup plu, autant nous sommes tombés amoureux des îles Perhentian ! Nous "échouons" sur Mira Chalet, la plus petite plage de Kecil, la plus petite des deux îles qui composent les Perhentian, loin des touristes peu curieux préférant la plage principale, loin de la musique techno rythmant de quelconques Full Moon Parties... Ici, le calme règne, dans un cadre magnifique et préservé : eaux transparentes, plage déserte, sable blanc, jungle bruissante et bruyante de la faune qui l'occupe : lézards, varans, oiseaux, écureuils, chauves-souris..., douceur d'un rythme de vie au ralenti où l'instant présent semble s'éterniser pour mieux s'apprécier, pour mieux se déguster. Notre cabanon (1er à droite sur la photo), construit sur des rochers, fait face à la plage en la surplombant très légèrement, notre petite terrasse nous permettant, le soir, de jouir des superbes couchers de soleil absolument époustouflants de beauté. Le tout au contact d'une famille Malaise adorable et très attachante dont nous "partageons" les bonheurs simples du quotidien : Zaïnap, la maman, femme au caractère un peu (trop ?) "soupe au lait", gère l'accueil des Robinson de passage et prépare les repas (un peu - trop ! - lentement d'ailleurs...), le père, chantant, sifflant, reste scotché à son bar, probablement toujours (trop ?) sous les effets d'herbes quelconques, et les enfants jouent dans l'eau ou pêchent de petits poissons (trop petits pour le barbecue !)... Nous nageons dans les eaux chaudes de cette petite plage autant que dans le bonheur le plus complet, pour un programme des plus simples : nous nous levons en milieu de matinée, prenons un petit déjeuner sous les arbres, nous baignons, séchons au soleil avec un bon livre, prenons le frais sur la terrasse lorsque le soleil se fait trop brûlant, retournons à l'eau... Quel programme ! Tellement simple, tellement peu "original"... mais tellement bon ! Parfois, un peu d'activité vient gentiment rompre la lenteur agréable et lassive de ces journées : balade dans la jungle pour rejoindre une autre plage ou le village de pêcheurs de l'île, et petits moments snorkeling. Ces eaux, les plus poissonneuses que nous ayons vues !, sont absolument incroyables et toute excursion snorkeling est un moment unique : après avoir plongé du bateau, alors que les bulles d'oxygène s'estompent rapidement, nous nous retrouvons au milieu d'un véritable aquarium, les poissons nous frôlant, tournant autour de nous, mais pas par centaines comme à Koh Phi Phi, non, par milliers !! Nous restons de longs instants dans l'eau, les yeux écarquillés, émerveillés devant le ballet aquatique de cette multitude de poissons se coursant, jouant à cache-cache dans des coraux "venus de nulle part"...
Le soir, nous prenons notre dîner (un peu répétitif à la longue : riz, chou, poisson et bananes) sur la plage en compagnie des Robinson de passage, pour d'excellentes soirées où nous échangeons nos coups de coeur de voyage, évoquons ensemble nos pays d'origine, jouons aux cartes, buvons quelques verres d'alcool (particulièrement coûteux en Malaisie !), avant d'aller nous coucher sous un ciel étoilé, strié d'éclairs de chaleur...
Qu'il nous est difficile de nous décider à quitter cet Eden ! Nous repoussons la date fatidique chaque matin... Finalement, au bout de 8 jours, nous disons au-revoir à Zaïnap et à toute la petite famille, ainsi qu'à nos copains échoués ici, sur cette île, avec nous, depuis plusieurs jours... C'est sûr, nous reviendrons !
